Deux îles , deux saisons …

Deux îles , deux saisons …

Que retient-on de ses vacances ? De nombreux petits fils se présentent à nous pour dévider la pelote de nos souvenirs . Devinez lequel j’ai choisi de tirer et de partager avec vous…

Aujourd’hui, jour de canicule, temps parfait pour faire du tri dans les photos de mes deux dernières villégiatures et partager ici … mes impressions florales .

Deux petits mois séparent ces séjours insulaires , l’un sur l’île de Ré en avril , l’autre sur l’île de Porquerolles, début juin . Si la douceur maritime , dans les deux cas favorise la croissance végétale et les floraisons précoces, ces quelques semaines, ajoutés à quelques degrés de latitude délimitent deux saisons , deux ambiances.

Et là , on attend 1) le début du printemps « Coté ouest » , 2) la fin du printemps, « Coté sud ». Mais que nenni , je tente la palette mélangée avec un classement par couleur…

Ile de Ré en avril...
Porquerolles, début juin...

Évidemment, sur une île , tout commence avec le bleu. Même si Michel Pastoureau écrit que « le bleu ne fait pas de vagues » pour qualifier la couleur la plus consensuelle, l’azur est partout et je l’aime dans le ciel , dans la mer (visiblement comme tous mes congénères) mais aussi dans les fleurs ( comme certains de mes congénères qui possèdent comme moi une nette marotte floricole) …

Ainsi , le bleu de l’Atlantique se décline au printemps dans les tapis de jacinthes, les fleurs du céanothe ( Ceanothus), la Méditerranée prend le relais avec le bleu presque estival des agapanthes ( Agapanthus).

Tapis de Jacinthes ( Ile de Ré en avril )
Céanothe ( Ile de ré , avril )
Agapanthe ( Jardin de la villa Carmignac , Porquerolles, début juin )

Dans la famille violet / mauve, on demande surtout les grimpantes : au temps des douces glycines ( Wisteria) odorantes succède la saison des bougainvillées (Bougainvillea) et des ipomées (Ipomaea indica) qui compensent leur absence d’odeur par des couleurs éclatantes.

Glycine (Ile de Ré , avril)
Ipomées ( Porquerolles, début juin)
Bougainvillés (Porquerolles, début juin)

A l’ouest comme au sud, les fleurs blanches sont toujours élégantes quelques soient leurs déclinaisons . Discrètes , comme les fleurs de myrte ( Myrtus), d’iris espagnol (Dietes), de jasmin (Jasminum) et de vergerette ( Erigeron), elles gagnent en majesté avec les ombelles des agapanthes ( Agapanthus) et les calices des arums (Zantedeschia aethiopica), pour devenir carrément immenses avec les très ornementales fleurs de yucca .

Myrte ( Porquerolles, début juin)
agapanthe ( Jardin de la villa Carmignac , Porquerolles, début juin )
Iris espagnol (Porquerolles, début juin)
Jasmin (Ile de Ré , avril)
Vergerette (Ile de Ré , avril)
Arum (Ile de Ré , avril)
Yucca ( Jardin de la villa Carmignac , Porquerolles, début juin )

Et puis il y a le jaune… J’ai déjà dit tout le mal que je pensais du jaune , cette couleur mal aimée , dans un article ( Parenthèse jaune). Mais, au début du printemps, la moutarde sauvage qui sature le paysage dans les marais rétais entre pile poil dans ma fenêtre d’ amour ( relatif) pour le jaune ! Début juin , je tolère encore quelques touches citronnées, pour l’exotisme, dans les fleurs de cactus raquette ( Opuntia), ou les fleurs du sénné d’Argentine (Cassia corymbosa ). Il était temps , après le solstice, yellow is out .

Moutarde sauvage (Ile de Ré , avril)
Cactus raquette ( Porquerolles, début juin)
Sénné d'Argentine ( Jardin de la villa Carmignac , Porquerolles, début juin )

A la faveur de l’été, la couleur orange, sentant la température monter, prend l’ascendant pour les exotiques : fleur de cactus raquette, pelote d’épingles (Leucospermum), Aechmea distichanta et Érythrine Crête de Coq (Erythrina crista-galli ).

cactus raquette (Porquerolles, début juin)
Aechmea distichanta( Jardin de la villa Carmignac , Porquerolles, début juin )
Érythrine Crête de Coq ( Jardin de la villa Carmignac , Porquerolles, début juin )
Pelote d'épingles ( Jardin de la villa Carmignac , Porquerolles, début juin )

J’ai gardé ma couleur fétiche pour la fin et je déguste avec la même gourmandise le rose primeur de la lavatère maritime (Lavatera maritima) et des marguerites du Cap (Osteospermum) et le rose plus tardif des laurier-roses (Nerium oleander) mélangés, ici, aux dentelaires du Cap (plumbago auriculata ) et aux ipomées (Ipomaea indica).

Lavatère maritime (Ile de Ré , avril)
Osteorpernum (Ile de Ré , avril)
Laurier rose (Porquerolles, début juin)

Toutes ces touches de couleurs ne seraient rien sans leur matrice essentielle, le vert… qui les sublime en leur offrant un écrin . En avril , le vert tout neuf , lumineux éclaire de sa couleur d’absinthe les fossés ( maceron ) et les rues des villages de l’Ile de Ré ( euphorbes ). En juin, à Porquerolles, la saison a déjà posé sa patine sur le paysage qui offre un moutonnement de verts , du plus foncé pour les arbres du maquis, au plus clair pour la vigne, ponctué par le vert glauque des exotiques et le jaune paille des herbes sèches.

Maceron (Ile de Ré , avril)
Euphorbes (Ile de Ré , avril)
Jardin de la villa Carmignac , Porquerolles, début juin

Pour clore ces fragments de mémoire, je retiendrai le végétal sublimé par cette superbe vue depuis la Villa Carmignac sur son jardin remarquable et les végétaux éphémères dessinés par la marée descendante.

Villa Carmignac Porquerolles, début juin
Arbres éphémères sur la plage (IIe de Ré , avril )

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